Coups de cœur - Musique ancienne

Pergolesi, Stabat Mater le 18 février, Salle Gaveau

Pergolesi, Stabat Mater Partager sur facebook

Entre profondeur spirituelle et expressivité presque opératique, le Stabat Mater de Pergolesi demeure l’un des sommets de la musique sacrée baroque. À la Salle Gaveau, Marie Perbost et Anthea Pichanick en révèlent toute la puissance émotionnelle aux côtés des Épopées de Stéphane Fuget.

Composé pour la célébration de la Vierge des sept douleurs, le Stabat Mater de Pergolesi met en musique la souffrance de Marie au pied de la croix, sur un texte liturgique du XIIIᵉ siècle généralement attribué à Jacopone da Todi. Destiné à l’origine à deux voix (sans doute des castrats) l’ouvrage est aujourd’hui interprété aussi bien par des voix féminines que par des contre-ténors. Qualifié par Bellini de « divin poème de la douleur », il déploie une intensité expressive comparable à celle de La Serva Padrona, au prix d’un pari audacieux : introduire une théâtralité presque opératique dans la musique sacrée. Pergolesi explore une palette émotionnelle d’une rare richesse, alternant un style « moderne » et un style plus « archaïque » en hommage à ses prédécesseurs comme Alessandro Scarlatti. L’œuvre fut unanimement saluée tout au long de l’histoire de la musique, Jean-Jacques Rousseau allant jusqu’à décrire ses premières mesures comme « les plus parfaites et les plus touchantes jamais écrites par un musicien ». Pour ce concert à la Salle Gaveau, Stéphane Fuget porte le chef-d’œuvre à ses plus hauts sommets à la tête de ses Épopées. Côté solistes, Marie Perbost et Anthea Pichanick se livrent à des jeux d’ombre et de lumière dans une alliance de timbres somptueuse.

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