Coups de cœur - XXe siècle

Éric Ferrand-N’Kaoua, piano le 6 février, Salle Cortot

Éric Ferrand-N’Kaoua, piano Partager sur facebook

Il est certainement l’un des pianistes les plus audacieux de ces dernières années : Éric Ferrand-N’Kaoua vient prouver une fois de plus son goût de l’exploration, mariant à la Salle Cortot les Variations Goldberg de Bach à des pages de Schumann, Stravinski ou Gershwin.

Madeleine de Valmalète, Pierre Sancan, Gyorgy Sebök ou Enrique Barenboim : les noms de ses maîtres parlent d’eux-mêmes. Éric Ferrand-N’Kaoua leur doit sans doute ce mélange de rigueur, d’honnêteté musicale et de goût de l’exploration qui marque sa carrière. Interprète irréprochable des grands compositeurs classiques comme romantiques, mais aussi et fort naturellement du répertoire français, champion des compositeurs actuels tels que Thierry Lancino et Nicolas Bacri, « EFNK », comme le surnomment affectueusement ses admirateurs, sait aussi souligner les apports du jazz dans la tradition dite savante (ce n’est pas un hasard si le violoniste Gilles Apap compte parmi ses complices en musique).
Éric Ferrand-N’Kaoua propose, à la Salle Cortot, aussi bien le contrepoint vertigineux des Variations Goldberg de Bach qu’il saura certainement habiter d’une chaleureuse humanité et d’une liberté rythmique réjouissante, que les changements de climat foudroyants des Drei Fantasiestücke op. 111 de Schumann, la singularité du Piano-Rag-Music de Stravinski, ou encore la solaire Rhapsody in Blue de Gershwin dans la version pour piano écrite par le compositeur lui-même. Bien sûr, pas question de finir le concert sans un hommage au grand Martial Solal, dont Éric Ferrand-N’Kaoua a enregistré magistralement les Études et Jazz-Préludes pour le label Naxos. Le virevoltant Voyage en Anatolie de Solal constitue lui-même un hommage à Gershwin.
Un concert au programme généreux interprété par l’un des artistes les plus attachants de la scène musicale.

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