Les Talens Lyriques le 13 avril, Musée de l'Armée
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En reliant Campra, Couperin, Pergolesi, Leclair et Bach, Florie Valiquette et les Talens Lyriques mettent en lumière une Europe musicale où les styles circulent et s’enrichissent mutuellement. C’est notamment l’expressivité italienne qui irrigue les très belles pages réunies ici.
On plonge ici dans les beautés de l’Europe baroque, dont les diverses esthétiques, loin de s’opposer, dialoguent et s’influencent tout au long du XVIIIᵉ siècle. Chez André Campra, le goût du théâtre s’affirme au sein d’une musique empreinte de séduction et d’influences italiennes. Dans Les Fêtes vénitiennes comme dans L’Europe galante, deux opéras-ballets, le compositeur déploie une succession de tableaux animés, où se mêlent esprit festif et diversité des caractères. On retrouvera plus tard ce sens de la caractérisation chez Pergolesi, dans un langage certes différent. Avec François Couperin, cette circulation des styles devient explicite : ses Nations revendiquent la réunion des goûts français et italien au sein de quatre « concerts », chacun associant une sonate à une suite. C’est encore l’Italie qui est présente chez Jean-Marie Leclair : illustre représentant de l'école française de violon, le musicien se forma dans le Piémont et effectua de nombreux voyages à l’étranger. Les spécificités de son écriture, richement contrapuntique, se révèlent avec éclat dans ses concertos. Mais c’est sans doute Bach qui sut le mieux réunir les avancées stylistiques européennes. On en trouve ici un exemple très parlant avec sa cantate Non so che sia dolore qui fait écho à l’opera seria italien. Florie Valiquette met son timbre lumineux au service de ce florilège, entourée des Talens Lyriques de Christophe Rousset.