Coups de cœur - Romantique

Mendelssohn, Elias le 18 septembre, Maison de la Radio

Mendelssohn, Elias Partager sur facebook

Si Felix Mendelssohn signa son premier oratorio, Paulus, en 1836, la postérité retint avant tout Elias. À sa création le 26 août 1846 (dans une version anglaise), l’effectif était monumental : plus de 250 choristes et 125 instrumentistes, dirigés par le compositeur lui-même. Ce fut un triomphe. À la Maison de la Radio, Maxim Emelyanychev s’empare de cette somptueuse fresque.

Le livret de l’oratorio se concentre sur la figure du prophète Élie, puisant essentiellement dans le Livre des Rois de l’Ancien Testament. Tour à tour autoritaire, inspiré, impitoyable ou accablé, celui-ci oscille sans cesse entre puissance et vulnérabilité dans l’accomplissement de sa mission divine. Le rôle est confié à un baryton, une tessiture traduisant la gravité et la noblesse du personnage. La partition témoigne de l’attachement profond de Mendelssohn à la musique ancienne. Le compositeur se place notamment dans la lignée de Bach et de Händel : du premier, il reprend la rigueur de l’écriture ; du second, l’éclat grandiose des chœurs. Mais aux modèles anciens, il ajoute une richesse harmonique et orchestrale typiquement romantique. Il déploie une expressivité pleine d’audace qui superpose un souffle épique à la profondeur spirituelle. Ce sont notamment les bouleversements de la nature (la sécheresse, le retour de la pluie, la tempête…) qui deviennent de spectaculaires tableaux. À la tête de l’Orchestre Philharmonique, du Chœur et de la Maîtrise de Radio France, Maxim Emelyanychev révèle toute la puissance de l’ouvrage.

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