Jean-Paul Gasparian, piano le 9 octobre, Salle Gaveau
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Jean-Paul Gasparian figure parmi les pianistes français les plus en vue du moment, déployant certes une maîtrise pianistique de haut vol (il est le brillant lauréat de concours prestigieux) mais, surtout, une poétique qui s’exprime superbement dans tous les répertoires.
La technique éblouissante de Jean-Paul Gasparian et la limpidité sonore qu’elle lui permet n’ont jamais laissé planer aucun doute. Mais ce qui a d’emblée frappé public et critiques, c’est la fermeté dans les partis pris musicaux – nulle surprise, s’agissant d’un ancien premier prix au Concours général de philosophie. Notre pianiste affiche volontiers son admiration pour le regretté Maurizio Pollini, ce qui explique certainement l’élégance sans afféterie mais néanmoins sensible de ses interprétations.
Ces qualités s’exprimeront certainement dans le programme qu’il propose à la Salle Gaveau. Un florilège des grandes pages de Chopin (Mazurkas op. 59, la vaste Ballade n° 3 ou encore l’intense Polonaise en la bémol majeur op. 53) donnera une pleine mesure des capacités hors pair de Jean-Paul Gasparian. On connait sa manière dans la musique du génie franco-polonais : virtuosité impressionnante, opulence sonore magistralement sculptée et émotion savamment distillée, évitant toute mièvrerie.
Surtout, écho de la sortie de son album intitulé A night at the opera (label Naïve), les vertigineuses paraphrases de Franz Liszt sur des extraits d’opéras de Verdi (Aida, Rigoletto, Il Trovatore ou Don Carlos) achèveront de nous éblouir par l’alchimie entre la vocalité de son piano et le tourbillon sonore qu’on attend dans ces pages célèbres. Jean-Paul Gasparian saura certainement aussi bien dessiner les climats si différents de ces pièces que rendre justice à la redoutable pyrotechnie lisztienne ici à son sommet.