Les Arts florissants le 23 novembre, Opéra Royal, Versailles
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À la tête des Arts Florissants, William Christie et Paul Agnew célèbrent les madrigaux de Monteverdi. Au cœur du programme, le saisissant Combattimento di Tancredi e Clorinda nous plonge dans la violence des passions humaines.
Pionnier du Seicento, Claudio Monteverdi contribua à l’émergence d’un nouveau langage musical donnant aux émotions humaines une expression plus personnelle et plus directe. Cette révolution passa notamment par l’essor du chant soliste et du recitar cantando, une forme de déclamation chantée qui mettait la musique au service du texte, tout en laissant s’épanouir des lignes mélodiques toujours plus expressives. Considéré comme l’un des pères de l’opéra, Monteverdi porta également l’art du madrigal à des sommets de raffinement, révélant par la musique les moindres nuances et intentions de la poésie. Son huitième et dernier livre de madrigaux se distingue par son ampleur (il réunit les Madrigali guerrieri et les Madrigali amorosi) mais aussi par une longue préface dans laquelle le compositeur expose les principes de son esthétique musicale. Il Combattimento di Trancredi e Clorinda, qui fait partie des Madrigali Guerrieri, est une pièce étonnante, à cheval entre le madrigal et l’opéra miniature. Inspirée d’un épisode de La Jérusalem délivrée du Tasse, elle met en scène l’affrontement tragique entre le chevalier Tancrède et Clorinde avec une intensité théâtrale remarquable. William Christie et Paul Agnew dirigent conjointement les Arts florissants dans cette œuvre qu’ils connaissent si bien, entourée d’une sélection de madrigaux. Ils réunissent pour l’occasion une remarquable distribution vocale, avec notamment Ana Vieira Leite et Mélodie Ruvio.