Verdi, La Traviata du 4 juin au 13 juillet, Opéra Bastille
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Avec La Traviata, Verdi brosse le tableau sans concession d’une société dominée par l’argent et les conventions. On retrouve ici la mise en scène très contemporaine de Simon Stone, portée par une distribution à la hauteur du chef-d’œuvre.
Signant l’une de ses œuvres les plus jouées aujourd’hui, Verdi composa La Traviata en s’inspirant du roman d’Alexandre Dumas fils La Dame aux camélias, lui-même inspiré de l’histoire de Marie Duplessis. Celle-ci connut une trajectoire de vie tragique : courtisane fréquentant la société mondaine, elle mourut sans le sou, terrassée par la phtisie. Par cet opéra, Verdi portait un regard critique sur la société de son temps, s’éloignant de la tradition consistant à placer les intrigues dans un cadre spatio-temporel lointain. Malgré une transposition de l’histoire au XVIIIe siècle imposée par la censure, on reconnait très bien le milieu bourgeois de l’époque du compositeur, son mode de vie et ses stéréotypes. Des réalités peu reluisantes sont directement évoquées : maladie, prostitution, toute-puissance de l’argent, hypocrisie et marginalisation sociale… De quoi scandaliser le public de l’époque. Sous la direction de Marta Gardolińska, Aida Garifullina et Pretty Yende alternent dans le rôle-titre, que la mise en scène de Simon Stone imagine en star des réseaux sociaux.