François Dumont, piano le 27 novembre, Salle Gaveau
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De la virtuosité la plus brillante aux confidences les plus intimes, Beethoven confie au piano toute la richesse des émotions humaines. À travers quatre sonates composées à l'aube du XIXe siècle, François Dumont explore les contrastes d’un langage musical en pleine évolution.
Composées entre 1795 et 1822, les trente-deux sonates pour piano de Beethoven constituent l’un des monuments de la littérature pianistique. Héritier de Haydn et de Mozart, le compositeur s’affranchit peu à peu des modèles classiques pour inventer un langage d’une audace nouvelle : il élargit les proportions du discours, bouscule les conventions formelles et confère à son écriture une intensité dramatique inédite. Le piano y devient ainsi un véritable laboratoire d’expérimentation, où s’ouvrent de nouveaux horizons expressifs. François Dumont nous emmène ici aux années charnières entre le XVIIIe et le XIXe siècle. La Sonate n° 4 op. 7 (1796-1797) déploie une éclatante virtuosité, tandis que la Sonate n° 11, op. 22 (1799-1800) affirme une grandeur héroïque. Mais chaque pièce révèle surtout une facette de l’âme humaine : avec ses contrastes saisissants et sa fougue passionnée, la Sonate n° 8, op. 13 « Pathétique » (1798-1799) ouvre les portes du drame intérieur. À l’opposé, la Sonate n° 14, op. 27 n° 2 « Clair de lune » (1801) cultive l’introspection, enveloppant le discours d’un voile de mystère et de poésie mélancolique. À travers ces chefs-d’œuvre, le pianiste déploie une riche palette de couleurs et de nuances, conciliant puissance et délicatesse, tension intérieure et lyrisme passionné.