retour à la liste des articles de Cadences N° 313 - Avril 2018
PIANO

Tanguy de Williencourt

Piano Passion

Ancien du CNSM de Paris, Tanguy de Williencourt a été l’élève de Roger Muraro, Claire Désert et Jean-Frédéric Neuburger.

RÉVÉLATION DE L’ADAMI IL Y A DEUX ANS, TANGUY DE WILLIENCOURT BÉNÉFICIE DÉJÀ D’UNE RENOMMÉE MÉRITÉE. IL A AFFIRMÉ SA PERSONNALITÉ MUSICALE AUSSI BIEN EN TANT QUE CHAMBRISTE QU’EN TANT QUE SOLISTE. AU MUSÉE D’ORSAY, IL PROPOSE UN PROGRAMME AUTOUR DE DEBUSSY. UN CONCERT PRÉPARÉ AVEC LA PASSION QUI LE CARACTÉRISE.

Lorsque l’on rencontre ce musicien aux projets et aux goûts si divers, on se demande comment le choix du piano s’est fait parmi tous les instruments possibles : « Le piano est le premier instrument que j’ai vraiment connu, et celui que j’ai voulu commencer, parce qu’il y en avait un chez mes grands-parents. J’ai tout de suite aimé le piano pour son rapport aux harmonies et pour la possibilité de jouer un grand répertoire en solo. Pourtant, au départ, j’étais surtout très attiré par l’opéra et par la musique symphonique. » Du côté des œuvres et des compositeurs, Tanguy de Williencourt dit se passionner tour à tour pour toutes sortes de répertoires, au fil des époques de sa vie : « Lorsqu’on est fasciné par un compositeur, on y revient sans cesse, c’est comme une nourriture. Et il y a des compositeurs dont on ne peut jamais se lasser, Beethoven par exemple. » Depuis ses débuts, le pianiste allie son activité de soliste, de chambriste et d’accompagnateur avec la même flamme. Un choix qui lui permet de concevoir son métier dans toute sa diversité et qui, au fil du temps, fait de lui un musicien toujours plus complet : « J’ai abordé très vite la musique de chambre et pris du plaisir à jouer ce répertoire. Je trouve qu’on apprend beaucoup des autres instruments. Le piano est un instrument à percussions : on ne peut pas réellement faire respirer le son, une fois que la note est jouée, il n’y a plus grand chose à faire. Mais mon travail de pianiste consiste à faire chanter le piano. Pour cela j’adore travailler avec des chanteurs parce qu’ils sont obligés de faire de la musique avec leur corps entier et j’y trouve une belle leçon d’investissement corporel. » Avec les instrumentistes à cordes il est aussi très formateur de comprendre comment fonctionnent les coups d’archet. Le musicien insiste cependant sur la nécessité de toujours travailler du répertoire solo : « Grâce à lui, on construit sa technique, et surtout son rapport à l’instrument. Dans les périodes où je fais beaucoup de musique de chambre cette dimension me manque et j’ai alors envie de revenir à un travail plus concret qui me permet de reconsolider les bases. Quoi qu’il en soit quand on est pianiste, je pense qu’il faut aimer passer du temps seul à seul avec les œuvres, c’est un tête-à-tête qui est d’une richesse infinie. »

Univers debussystes

Bour célébrer le centenaire de la mort de Debussy, le concert du 10 avril est articulé autour de la musique du compositeur, avec notamment des préludes tirés du premier livre, un choix particulièrement judicieux dans l’écrin du Musée d’Orsay : « Il regorge de tableaux impressionnistes qui ont été réalisés à l’époque de Debussy et on sait à quel point le compositeur était inspiré par la peinture, la littérature, la poésie. Sa musique dépeint souvent des réalités de la nature. Je trouve donc passionnant de la mettre à l’honneur dans ce musée. » Et pour Tanguy de Williencourt, jouer Debussy demande une vraie recherche de mondes sonores : « Chaque prélude est différent des autres, et dès les premières notes il faut que l’univers soit là. Comment trouver la sonorité exacte, le timbre juste, comment créer du relief avec les différents éléments d’un même prélude ? Je trouve cela fascinant. » Mais Debussy ne sera pas le seul compositeur joué, le pianiste souhaitant mettre en valeur les ponts qui le relient à d’autres époques : « Il est l’un des musiciens qui a vraiment ouvert toute la musique du xxe siècle au-delà de la musique française, notamment au niveau de la recherche sur le timbre. Il a décalé le rapport à l’écoute. C’est pour cette raison que je voulais jouer aussi dans ce programme des compositeurs qui l’ont marqué parmi ses prédécesseurs, et puis aller explorer la musique qui s’est ouverte grâce à lui par la suite. J’ai donc choisi deux transcriptions d’opéra de Wagner par Liszt. Debussy était au départ fasciné par Wagner même si plus tard il l’a beaucoup critiqué. Certains témoignages racontent que lorsqu’il était au conservatoire, il jouait par cœur certains de ses opéras. Je vais également jouer l'une des trois études de Thierry Escaich qui est quant à elle un hommage à Debussy. » Le choix des transcriptions des opéras de Wagner par Liszt n’est pas une surprise dans ce programme quand on sait l’amour que Tanguy de Williencourt leur voue, leur ayant d’ailleurs dédié son premier disque : « J’ai eu une passion pour Wagner alors que j’étais très jeune. Je suis allé au Festival de Bayreuth et j’ai été émerveillé. J’avais par ailleurs beaucoup travaillé Liszt avec mon professeur Roger Muraro au conservatoire. Les quinze transcriptions d’opéras me permettent de combiner mon engouement pour ces deux compositeurs. Elles sont peu jouées mais je les trouve magnifiques. C’est aussi un défi technique parce qu’elles sont virtuoses pour la plupart. En concert ce sont des œuvres qui fonctionnent très bien. » Pour les années à venir, les projets du pianiste sont légions comme on pouvait s’y attendre : « Je vais travailler la Sonate de Berg, le Tombeau de Couperin de Ravel, la Première Année de Pèlerinage de Liszt… J’aimerais également retravailler du Scriabine. Je n’en ai pas joué depuis longtemps alors que c’est un compositeur que j’adore et qui est un peu laissé de côté. » On attend les prochains rendez-vous avec impatience !

Élise Guignard

CD :

Wagner - Liszt
Intégrale des opéras de Wagner transcrits par Liszt
2 CD Mirare

N°314
MAI 2018

21, rue Bergère
75009 Paris
01 48 24 16 97
contact@cadences.fr

Cadences est le magazine sur l’actualité des concerts de musique classique, opéra, musique baroque, musique contemporaine à Paris et en Ile-de-France diffusé gratuitement chaque mois à 50000 exemplaires aux entrées de concerts et en dépôt dans les lieux fréquentés des mélomanes. Il est aujourd’hui l’outil préféré des mélomanes parisiens avec son agenda des concerts, ses dossiers musicologiques et ses interviews d’artistes.

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